Synthèse de l'étude « La place du numérique dans le projet associatif en 2025 »
Voici une synthèse de l'étude « La place du numérique dans le projet associatif en 2025 », réalisée par Recherches & Solidarités et Solidatech.
Cette 5ème édition dresse un état des lieux de la transformation numérique des associations en France, basé sur une enquête menée au printemps 2025 auprès de 2 285 responsables associatifs.
Voir le rapport complet : https://recherches-solidarites.org/wp-content/uploads/2025/11/RS-Solidatech-Rapport-2025.pdf
1. Une maturité numérique en progression mais disparate
Le niveau de maturité perçu par les dirigeants progresse :
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47 % jugent leur association « en progrès » sur le numérique.
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26 % se considèrent désormais « expérimentés », un chiffre en hausse par rapport à 2022 (21 %).
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Cependant, environ 23 % se sentent encore « peu initiés », un socle qui reste stable.
La fracture numérique reste marquée par la taille et le budget : les petites associations, celles du secteur des loisirs ou situées en zones rurales sont souvent moins avancées que les structures employeuses ou celles de l'éducation populaire.
2. Organisation et moyens : le facteur humain prédomine
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Qui s'en occupe ? Dans la majorité des cas, le numérique repose sur quelques personnes initiées (24 %) ou un référent unique (salarié ou bénévole). On note une implication croissante des instances dirigeantes (CA/Bureau) qui s'emparent du sujet dans 24 % des cas.
Le budget : C'est un point faible. 45 % des associations n'ont pas de budget dédié au numérique. Quand il existe, il couvre surtout les dépenses courantes (abonnements, maintenance) plutôt que l'investissement. Le financement repose massivement sur les fonds propres (81 %), les subventions fléchées « numérique » restant rares (13 %).
3. Les usages : communication et collaboration en tête
Les outils numériques sont utilisés prioritairement pour :
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La visibilité : Site internet (80 %) et réseaux sociaux (79 %) sont les outils les plus répandus.
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Le fonctionnement : Les outils de visioconférence et de stockage/partage de documents se sont imposés (62 % d'utilisation).
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La gestion : Les outils de paiement en ligne, de dons et de comptabilité sont bien implantés (40-48 %), surtout chez les associations employeuses.
À noter : Les outils plus complexes comme les CRM (gestion de la relation adhérent) ou les outils RH restent sous-utilisés.
4. La percée de l'Intelligence Artificielle (IA)
L'étude aborde pour la première fois l'IA :
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18 % des associations déclarent déjà utiliser des outils basés sur l'IA, et 13 % y réfléchissent.
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L'usage principal est le gain d'efficacité dans les tâches quotidiennes (70 %) et la création de contenus (communication, pédagogie).
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Les freins à l'IA : Les craintes sont d'abord éthiques (47 %), suivies par le manque de compétences (45 %) et l'impact environnemental (36 %).
5. Les difficultés et leviers d'action
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Principale difficulté : le facteur humain (44 %). Le manque de temps, de compétences et la difficulté à mobiliser les équipes restent les premiers obstacles, devant les contraintes techniques (33 %) ou financières (24 %).
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Les besoins prioritaires : Pour progresser, les associations demandent avant tout une meilleure connaissance des outils existants (47 %) et une mise à niveau des membres (45 %).
En résumé : Le secteur associatif confirme sa transition numérique, désormais bien ancrée pour la communication et le travail collaboratif. Cependant, le passage à des usages plus stratégiques (gestion des données, IA, automatisation) reste un défi, freiné moins par la technique que par des enjeux humains (formation, culture numérique) et financiers.